Je travaille pour les douanes belges depuis 9 ans. En 2008, je suis arrivée en Chine comme Attaché douanier près l'Ambassade de Belgique à Pékin. J'évolue dans un monde d'hommes essentiellement (les ports, aéroports, transport de marchandises.... Cela fait en général rêver davantage les petits garçons que les petites filles), comme je le constate dans les multiples réunions ou rencontres auxquelles je participe. Il faut savoir faire de cette position minoritaire un avantage, même si cela me navre profondément de rencontrer si peu de collègues féminines.
Quant à la journée de la femme, elle ne m'évoque pas grand chose si ce n'est un chouïa de cynisme. Qui donc a voulu se donner bonne conscience en instaurant cette journée mondiale de célébration du sexe faible ? Je préfèrerais de loin que tous les jours, à chaque endroit de la planète, on reconnaisse, modestement, la femme et son rôle dans nos sociétés.
Comme a contrario, il est bon de reconnaître, là encore modestement, le rôle des hommes. En aucune façon, il n'est constructif de porter aux nues un sexe plutôt que l’autre. Quand on parle d’égalité homme-femme, je pense donc davantage à l'égalité de considération pour les deux sexes, et là c’est encore loin d’être gagné ! Le manque de considération du rôle de la femme de la part de certains hommes ne me surprend plus.
Par contre là où je m’inquiète, c'est lorsque les femmes elle-mêmes se déconsidèrent et acquiescent à l'idée communément admise que le rôle de l'homme dans la société est plus important que celui de la femme.
Hier encore, dans un quotidien local, il était repris en titre gras que les hommes dans la trentaine et la quarantaine subissaient plus de pression dans la société que les femmes du même âge et que par conséquent, ils trouvaient refuge dans la boisson, le sommeil ou autre loisir pour évacuer le stress. En fait, nous glorifions tellement le travail et l'argent dans nos sociétés modernes que nous en arrivons à de telles idées.
La pression que subit la femme, qu'elle soit au travail ou à la maison (où il s'agit essentiellement de veiller à l'harmonie du foyer), est moins perceptible, a une valeur moindre car elle n'est pas quantifiable (au final, pas d'argent qui permette de quantifier sa « souffrance »).
Si la journée de la femme devait donc avoir une quelconque utilité, ce serait de lutter contre la diffusion de pareilles idioties et surtout d'en convaincre tout le monde ! Nous sommes différents (et c'est pour ça que ça marche !) mais nous avons l'un comme l'autre notre pierre à apporter à l'édifice, de façon solidaire et dans le respect et l'amour mutuels.
Cordialement,
Isabelle